jeudi 19 novembre 2015

Absence

Voilà une série de pastel, surgis d'un coin sombre.

Le pardon 


L'ogre a peur


apology to the child


chien-quille




vendredi 12 juin 2015

Quand je serai petite...

Voilà la dernière affiche que j'ai faite, pour le spectacle de L'Audacieuse Compagnie :

Quand je serai petite


De loin tout semble calme...

Le 6, 7 et 8 juin de l'année La Grosse Bertha compagnie fêtait son inauguration!
Ce fut un beau festival, riche en émotions diverses. Nous avons, avec  la conteuse Julie Dufils, fait une nouvelle exposition de notre étape de travail. La confrontation textes et des images est bien plus percutante que dans la première.

On entre par une petite porte, gardé par un rideau noir. Derrière le rideau...il fait sombre. Seule la faible flamme du lampe à huile  luit, sur une table
Une poupée au front brisé est appuyée sur une vieille machine à écrire...sur la machine à écrire, une lampe frontale. Vous en aurez besoin pour explorer cette chambre et découvrir les spectres douloureux, les cris étouffés, hontes inavouables qui vous entourent...C'est la part de l'ombre qui, ici, est à l'honneur, les voix méchantes qui grincent au fond du coeur s'expriment par les mots de Julie Dufils et mes tetrapackogravures (au sujet desquelles je me suis assez étendu quelques articles plus loin)


















la Mathématique des pommes

Pfou! ça date d'il ya bien deux ans, mais j'avais oublié de le mettre sur le blog.
Ce sont des cartons découpés, et peints qui illustraient certains mots dans le spectacle de Mlle Julie Dufils intitulé La Mathématique des pommes. Peut-être ce spectacle va revoir le jour, en attendant, moi j'ai les peintures et je te les montre:
celle là illustre le mot maladie...
 celle-là, je ne sais plus. Je l'ai peinte d'après nature, sur la place du vieux grenier à sel de la Charité-sur-Loire, où l'on avait fait notre première résidence pour le spectacle. On y aperçoit Le clocher de Sainte-Croix-Notre-Dame-du-bourg...
Encore une peinture sur le motif. C'est une ruelle de Parthenay. Elle illustre le mot "Révolution!"
 Parthenay, de nouveau...c'est l'histoire du Boulanger biglouche qui tombe amoureux d'une fille au physique un peu...grossier.
Et ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants!
Celle ci est une peinture d'imagination, qui illustre le mot "Misère"!
Voilà,  fin de la parenthèse anachronique. Si je retrouve des photos du spectacle, ou même des vidéos, je les amène.

jeudi 20 février 2014

On dirait qu'il ferait presque pas nuit

Après un moment de silence et non d'inactivité, voila la suite du projet de livre de contes en charpis et (non)illustré en gravure. Voila un type qui fait bien des mystères me direz vous.
Laissez-moi vous expliquer:

On dirait qu'il ferait presque pas nuit



livre en construction



textes : Julie Dufils dessins : Grégoire Aillet

 


L'idée est apparue il y a environ un an. Julie est conteuse, et écrivait un spectacle sur lequel elle travaille toujours aujourd'hui. Des petits textes morcelés, des bribes d'histoires un peu décousues. J'ai lu. J'ai été touché par l'évocation de ces sentiments de détresses à l'origine obscure, et par la délicate cruauté de sa plume. Elle a vu mes planches de bandes dessinées inachevées, mes dessins, peuplés de clairs-obscures, de personnages fiévreux


et de têtes coupées. Le projet est né comme une évidence : J'illustrerais ses bouts d'histoires, et ça ferait un livre...
Pas si évident...
L'illustration littérale enlève, à mon sens, de la force au texte et altère le pouvoir d'imagination du lecteur. J'ai beaucoup réfléchi au lien que l'image et le texte pouvaient tisser ensemble...Après y avoir réfléchi, j'en ai conclu que la réflexion n'était plus de mise...il s'agit maintenant de simplement lire, sentir, et dessiner...



« Une petite table en bois ronde. Une petite chaise en bois carré. Une lampe. Parfois, par soubresaut, la lampe faiblit»



Une écriture par petites touches, de « petites » choses, une atmosphère sombre, vacillante et surannée . Cette délicatesse mêlée de violence sous-jacente qui parfois explose, et parfumée de temps jadis semblait m'imposer sans détours une technique à laquelle j'avais été initié deux ans auparavant : La gravure taille douce à la pointe sèche .
Sur une plaque de cuivre, on reproduit, en creusant des sillons à la pointe sèche, un dessin. Le geste est dure, la plaque crisse, gémit...on obtient après de longues heures de travail une précieuse matrice ,que l'on a meurtrie en même temps qu'on lui a porté toute l'attention du monde. On applique l'encre que l'on force à rentrer dans les sillons avant d'essuyer pour enlever l'excédent des surfaces lisses. Ensuite on pose la plaque sur le plateau d'une presse, face gravée au ciel, on pose délicatement le papier sur la plaque pour enfin passer le plateau entre deux puissants rouleaux qui vont écraser le papier contre la plaque. Le papier prend l'empreinte de la plaque, et l'encre s'y imprime. Attention aux traces de doigts et impuretés de toutes sortes, il faut, d'après les puristes, protéger le tirage avec le plus grand soin, pour ne pas ternir son humble éclat virginal...
Ce mélange de douceur, de minutie, et d'agressivité physique m'a fait apparaître la gravure comme incontournable dans la réalisation du projet, bien que ça ne simplifiât pas les choses...



Tout d'abord il faut une presse, un objet imposant si l'en est, et qui ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval, ensuite il faut de l'encre taille douce, du papier adéquat, du cuivre ou du zinc...
Je me suis inscrit à l'atelier de gravure du Thabor, à Rennes, qui met à disposition du publique intéressé une presse, de l'encre, et dont les membres me dépannaient quelques feuilles de papier. Pour le métal c'était une autre affaire et je n'avais pas le sou. Lors d'une petite exposition de quartier j'ai découvert qu'il était possible de graver l'intérieur revêtu d'aluminium des briques de lait. J'ai essayé.
Je m'efforçais au départ de m'approcher au plus près de la finesse de trait qu'on obtient avec la gravure du cuivre, en vain...en vain...à s'arracher les cheveux...mais, essayons encore, la brique de lait n'a pas encore tout dit...


En effet ce matériau possède des propriétés et ouvre des perspectives tout à fait différentes de ce que propose le métal. L'aspect sériel est bien moindre, le trait est beaucoup moins maîtrisable et plus grossier, la surface accroche l'encre de manière désespérante, impossible d'obtenir un blanc pur, le carton se chiffonne et se déchire comme un rien, strillé qu'il est au départ par les pliures du packaging...sale bête...
Oui mais, une fois qu'il nous a fait comprendre qu'il ne voulait pas être considéré comme un déplorable substitut de métal à graver pour indigent, mais comme un matériau de travail à part entière, avec ses propriétés propres, la brique de lait, et plus largement le tétra-pack, devient une source intarissable de surprises spectaculaires et un terrain d'exploration infini...


C'est donc guidé par les textes de Julie, et par la matière que je manipule que mon travail évolue, sans que nous sachions ce qui se trouve au bout du chemin. En présentant, à des étapes clés de l'évolution, des expositions où sont accrochés les dessins et les textes nous proposons au publique de découvrir en même temps que nous l'architecture du magma mystérieux que nous construisons
à tâtons, avec une énergie de création instinctive, sensuelle, et sans planification préalable.


Après avoir présenté une première étape de travail dans une caravane lors d'un événement culturel au sein de l'association artistique rennaise l'Elaboratoire, nous installons une nouvelle exposition, avec plus de matière, dans un espace moins atypique, plus neutre, et plus vaste, dans l'atelier de Jean-François Chesneau, que nous remercions pour l'accueil qu'il nous offre.

On peut je pense prévoir encore un mois de création de textes et d'images...mais qui sait si cet accrochage ne mettra pas en lumière de nouvelles pistes, l'exclusion de certains tirages du projet de livre et donc la nécessité d'en faire de nouveaux ?
Ces accrochages sont l'occasion pour nous de prendre du recul sur le travail effectué, et de recevoir les impressions et perceptions de personnes extérieures au projet. Il s'agit donc de moments charnières où la direction peut soudain changer. Il n'y a donc pour l'heure rien à ajouter, si ce n'est qu'il m'est évidemment impossible, lors des expositions, de vendre quoique ce soi avant l'achèvement du projet...
affaire à suivre...


On dirait qu'il ferait presque pas nuit

Voila, l'expo est passée, le blabla aussi. Voila les images.










Quant aux textes dont je m'inspirent ils valent leurs pesant d'or, mais je ne me risquerai pas à les lâcher dans la jungle de la toile. Vous attendrez d'avoir entre les mains la version papier...patience...patience...


jeudi 28 novembre 2013

l'ennuie c'est qu'on s'ennuie...

Encore des essaies, des expérimentations...On gratte, on creuse, on chiffonne, on déchire, tout ça...tout ça.